
- Allo ? Tiene un habitacion matrimonial por esa noche ?
- No, todo es completo.
- Y una doble ?
- Me queda uno. Cuando llegan ?
- Media hora. Esta bien ?
- Perfecto.
Une demi-heure de marche dans les rues de Bariloche plus tard, nous arrivons devant les portes de l´hospedaje Martin, recommande par le guide du routard. Je me presente :
- Hola , tengo una reservacion para...
Et la...c´est le drame. Le vieux de transforme. La porte a peine entrouverte et fermement maintenu, il me regarde de haut en bas, s´enerve, me retorque qu´il ne lui reste plus rien, que tout est pris, et que je serais bien incapable de payer un dortoir de 6 lits.
La, je garde mon calme, je souris meme. Il doit se tromper. Je l´ai eu il y a 30 minutes au telephone, j´ai une reservation, j´ai laisser mon nom, il doit me prendre pour quelqu´un d´autre. Je le lui explique, et il s´enerve encore plus, m´aboit dessus, presque menacant physiquement.
Mais a quoi joue t-il ? Pourquoi s´excite t-il comme ca ? Je lui parle le plus poliment du monde, et lui, il me crie dessus comme un animal sauvage...
J´insiste et tente de lui expliquer qu´il m´avait dit plus tot qu´il lui restait une chambre double de libre. Et la, il me pousse carrement, mon gros sac sur le dos, dans les escaliers (bon, d´accord y´a que 3 marches..). Je manque de me ramasser sur le sol, reprend mon equilibre, enleve mon sac, fonce vers lui et me controle pour ne pas lui en foutre une. Je suis dans un pays etranger, il me reste beaucoup de choses a voir, beaucoup de choses a faire, ce n´est pas le moment de compliquer la situation avec une comparution immediate au tribunal. En plus, je vois mon pere en filigrane me faire un gros "Nooonnnn, Richard, ne fais pas ca, ce n´est pas bien, reflechis et sois plus intelligent que ca..." Bon, malgre tout ca, c´est tres dur. J´ai vraiment pris sur moi, et le self-control, ca fais transpirer.
Vanessa assiste a toute la scene dans mon dos. Elle m´explique avec calme et certitude qu´avec son attitude meprisante a mon egard et sa maniere de me regarder, je venais d´avoir affaire a un gros raciste. Le truc, c´est que je ne suis pas habituer a ce genre de traitement. Ce n´est pas un reflexe pour moi d´affubler a quelqu´un le denominatif "raciste", etant donne que je n´ai que tres rarement ete victime de discrimination (pour ainsi dire jamais, ou je n´ai pas fais attention..) Il y a bien ce chauffeur de bus a Cairns (Australie) qui refusait de m´adresser le moindre mot, et qui ne repondait qu´a Vanessa, mais c´etait tellement gros et sans consequence, que ca m´a fait sourire. Je revoyais en quelque sorte les scenes de bus dans les films americains traitant des annees 60, ou les gens de couleurs s´asseyaient au fond et etaient separes des blancs par une ligne imaginaire...
Mais la, en y repensant, il n´y avait pas de doute. Apres avoir rejoint Julia dans l´AJ (auberge de jeunesse, ou hostal..) la plus original que j´ai pu voir apres celle de Bratislava, nous visitons la ville.
Bariloche
Bariloche, c´est la Suisse. Situe au nord de l´immense pentagonie, elle marque en quelque sorte le point de depart de cette immense region. Verte, boisee, avec ses lacs, ses chalets de bois, ses montagnes environnantes et son chocolat, on se croirait fortement en Suisse. Bon, ok, je ne suis jamais alle dans ce charmant petit pays. Mais si je dis cela, c´est que les drapeaux aux couleurs de ceux qui nous ont bien embete a la coupe du monde affluent partout dans la ville. Ici, des chocolats, la des chiens de montagnes coiffes de rouge et blanc... Cette charmante petite ville vit principalement du tourisme et....du chocolat. En hiver, c'est la station de ski prefere des argentins. Tiens, au fait, j'oubliais, a propos de chien, je me suis fais traite de "negro" par son proprietaire sur la place centrale. Ca, plus l'episode de ce matin, ca commence a faire beaucoup dans la meme journee. J'ai les nerfs. Mais qu'est-ce qu'ils ont ici ? Leur a t-on appris que l'argentine blanche etait le centre du monde ? Quand meme, il faut sortir un peu, ou se renseigner ! Pour peu que l'on soit pourvu d'un poste de television, de tres bons reportages demontrent sans contestations qu'il existe bel et bien des gens d'une autre couleur et d'une autre culture ! Et ca sur la meme terre ! Allez, un peu d'histoire, d'aucuns sans plaindront par l'ennui relatif qu'il procure, mais force est de constater qu'il permet d'eclairer bien des choses...
Les premiers immigrants s'etant sedentarises en amerique du sud furent les indiens venus d'amerique du nord (eux meme descendants de tribus de chasseurs siberiens ayant traverser le detroit de Bering..) quelques 16000 ans avant Jesus Christ. C'est une societe primitive, fondee sur la chasse et la cueillette, que decouvrirent les premiers espagnols. La dessus, scenario mille fois epprouves que je resumerai a ma maniere par l'extermination quasi total de ces indigenes qui avaient quand meme le culot de voler de temps en temps un mouton des elevages qui en comptaient des milliers. Je passe l'episode gauchos, l'invasion britannique (mais decidement ils voulaient le monde entier !), la lutte pour l'independance, le general San Martin, pour en arriver a l'age d'or, fin XIXe siecle, ou une politique basee sur l'elevage, d'ou naquirent ces immenses estancias (grand proprietaires terriens parfois grand comme la belgique !), une immigration record (40000 entrees par an, dont 50% d'italiens), et une nouvelle periode d'extermination des indiens de la pampa, accoucherent de la phrase : "Les mexicains descendent des azteques, les peruviens des incas, et les argentins des bateaux !"
Tout ceci pour dire que quand je regardais jouer l'equipe d'argentine et que je me demandais pourquoi ils ressemblaient tant aux europeens, contrairement aux autres pays d'amerique du sud, maintenant, je sais. Quand cette femme me traite de "negre", je me dis qu'elle ne connait probablement pas l'histoire de son propre pays, et que, decidement, le racisme est une question de culture et d'education...Melangez quand meme le tout avec une grosse dose d'idiotie.
Le lendemain, nous louons, avec Julia, pour la septieme et j'espere derniere fois de notre voyage, un vehicule pour faire le tour des environs. Derniere fois car je me dis qu'a force de tirer sur la corde de la chance, elle finira un jour par ceder. Pour l'instant, aucun pete. Mais la loi des chiffres et des series ne trompe jamais. Au programme, la route des sept lacs, San Martin de los Andes, et la vallee Encantado (vallee enchantee). Et la, il faut avoir les yeux bien ouverts : resultat de siecle d'erosions laisses au hasard de rassemblement de pics et de rochers, ces multiples formes aux couleurs incandescentes sous l'effet du soleil couchant nous font penser aux posters des grands parcs nationaux americains... Enchanteresque !
Plus au sud
Allez, on descend. Fini pour un temps la route 40 que nous suivons depuis nos debuts, et qui traverse toute l'argentine du nord au sud. Nous coupons a travers la pampa et la profonde Patagonie pour atteindre El Calafate. Des kilometres et des kilometres de pampa, un vide infini de rien, de longues et interminables heures de bus dans un paysage de deserts d'herbes (comme dirait Alexandra David Neel) jaunies sous le vent. La Patagonie est sans limites, ai-je envie de dire, mais aussi : la Patagonie est vendu et n'est plus a vendre ! Et la j'ai envie de m'arreter tout de suite parce que ca pourrait durer des heures. Mais bon..,sachez que le secteur est boucle, et que les clotures ne disparaissent jamais, mais alors O grand JAMAIS, de ma vue. Les grands proprietaires possedent des domaines aussi grands, voir plus grands que nos departements, et ils regnent sans partage. Mais qui etes vous, messieurs, pour dire : "Vois, ceci est mon jardin. Par dela l'horizon, cette terre, ses racines, ses arbres, lacs, rivieres et montagnes (et oui Announou, montagnes...) sont a moi. Ceci m'appartient". Je ne comprends pas cela, et cela me degoute. C'est pire qu'indescent, c'est obscene. Il faut que je m'arrete, je m'etais promis. Mais ca a ete plus fort que moi...
Le parc national des glaciers - Le parc national de Torres del Paine (Chili)
Suivez nous. Munissez vous d'une carte de l'argentine et du chili, et regardez vers le sud. Reperez El Calafate, El Chalten, Puerto Natales et le parc national de Torres del Paine, au Chili. Voici les raisons pour lesquelles nous n'avions ecrit depuis si longtemps. On s'en ai mis plein les yeux, plein les pattes, et plein la tete. Mes amis, nous voici au coeur du parc national des glaciers en Argentine, parc aux dimensions ridicules relativement au "Campo de Hielo Sur", aussi appele "Hielos Continentales", veritable monstre de glace de 500 kilometres de long a cheval entre l'Argentine et le Chili. Tous les noms de glaciers donnes par les hommes dans ce perimetre ne sont que les terminaisons de ce gigantesque univers de glace. La nature est grande et je suis tout petit. Beaucoup d'alpinistes ou amateurs d'expeditions extremes ne font le voyage en Argentine que pour ca, sur les plus grands glaciers du monde. C'est exactement la troisieme plus grosse masse de glace du globe, respectivement derriere l'antartique et le Groenland. Jamais, je n'aurais vu dans ma vie une telle concentration de glaciers, et c'est en soi une experience unique. Je vais quand meme tente de vous resumer en accelere ce que nous avons vu. Et on en a vu....
D'abord et c'est un passage oblige : Le Perito Moreno. Il constitue pour beaucoup de voyageurs le clou du voyage en argentine, et je peux vous dire en toute sincerite qu'il l'est. C'est a ce qu'on dit le plus spectaculaire des glaciers andins et aussi le plus facile d'acces. Monstre de 15 kms de long sur 5 de large, il atteint 60 metres au dessus du niveau du lac. Quand on arrive (en minibus d'excursion, on vous mentira pas !) et qu'on le decouvre, on est litteralement scotche par sa splendeur. On a tous des images en tete de ruptures de pans entiers de glaces se brisant dans la mer (le lac!). Et ben voila, nous avons assiste a ca. Et plusieurs fois. Tout simplement grandiose. Il grince, craque, gronde, resonne. Le bruit qu'il emet en permanence se repercute dans les montagnes. Il ne faisait pas beau ce jour la, et pourtant, je peux vous dire qu'on l'a bien mitraille...
El Chalten - Le Fitz Roy et le Cerro Torre.
Trois jours de randos a boire et a cuisiner avec l'eau des torrents dans un decor superbe, pour allez voir deux sommets, et trois glaciers. Tres belle petite randos a etapes courtes, ou il m'est impossible de tout raconter (difficile de decrire une rando..), mais ou je vais quand meme prendre la peine de m'arreter trois secondes pour vous raconter quelque chose.
Le vent et la Patagonie.
Fin du deuxieme jour de marche. Nous penetrons dans la vallee menant aux pied du troisieme glacier, au pied du Cerro Torre (Mt Torre). Durant notre approche, le vent de la vallee se fait plus present, mais il y a toujours eu pas mal de vent depuis que nous sommes en Patagonie. Je regarde la carte, le site ou il est autorise de planter sa tente (car il est interdit de planter en dehors des lieux indiques -eux meme proteges du vent - pour des raisons de securites vu la force de celui ci quand il se leve...), et je m'apercois que le site est pile-poil a l'extremite du lac, dans le droit prolongement de l'axe principal du glacier. Bizarre...Rien que sur une carte, ca ressemble bien a un gros couloir propice aux grands vents. Je ne dis rien a Vanessa. On arrive sur le site, au bout de la vallee, et la, petit soulagement, le site est cache dans un bosquet de coniferes en contrebas, protege du vent par une espece de digue naturelle. D'ailleurs, on ne voit meme pas le lac. On plante, on depose nos affaires, et nous decidons d'aller faire une petite balade vers le glacier, et d'admirer le lac. C'est la fin d'apres midi. On approche de la butte, le vent est un peu plus important, plus que quelques metres avant d'apercevoir le lac. Je previens tout de meme Vanessa que j'ai de lourdes presomptions de croire que nous soyons actuellement tres fortement proteges du vent par la butte, et qu'au sommet de celle ci, les choses risqueraient d'etre fort differentes...
On arrive au sommet...Et la, ce n'est pas le drame, mais la panique totale pour Vanessa. Des rafales de vents d'une force inouie, manque de nous faire voler vers l'arriere. C'est en rampant comme des vers de terre a meme le sol que nous progressons...vers la sortie ! Notre seul moyen de communication, c'est le cri directement dans les oreilles ! Vanessa, terrorisee, decide de faire demi tour. Mais pas moi. Je veux reussir a voir... J'insiste, fais face, tente d'ouvrir les yeux..., et la, c'est un spectacle d'une intensite theatrale qui se joue devant mes yeux. Le monde est grand et je suis tout petit. Un lac demonte, un ciel noir, menacant, cauchemardesque et maudissant, exprime sa fureur sur un lac plus dechaine qu'aucune tampete ne peut l'excercer sur la mer. Des vagues enormes, des rideaux d'eaux, que dis-je, des murs d'eaux, portes et glissant a la surface de l'eau et foncant dans ma direction, se dressent dans un decor apocalyptique, avec l'ogre glacier Torre en arriere plan. Vision unique, terrifiante, spectaculaire, excitante et extreme.. Je n'oublierai jamais ca. Je suis reste au moins 15 minutes planque et allonge derriere un gros rocher, tentant d'immortaliser les images de cette vision inouie. Geant !
Pour l'anecdote, le lendemain matin, il n'y avait plus rien. Pas le moindre souffle d'un pet de mouche ;-)
Torre del Paine
Direction le Chili. A notre arrivee au Chili je revais deja de faire ce parc. Mon voeu va etre exauce. Cinq jours de rando en solitaire. Et oui, Vanessa ne m'a pas suivi sur ce coup la. D'abord parce que c'est tres cher, et ensuite parce que je ne pouvais quand meme pas traine la petite dans toutes les randos du coin ! Moi, j'adore ca, mais il faut etre convaicus pour se taper 5 jours de froid et de vent, ...et de pluie ! Madame ira voir les Fiords Chiliens et m'attendra dans une delicieuse casa de familia a Puerto Natales. Moi, de mon cote, muni de ma tente d'ete achete trois mois plus tot en Australie, pas du tout resistante au vents et avec moultes aerations, j'irai vadrouille dans la Patagonie profonde.
Torres Del Paine est le parc national le plus reconnu de la Patagonie Chilienne. Et ils le font payer cher. Mais si on fait des etapes plus longues, il est possible de ne dormir que sur des sites gratuits. C'est donc avec un sac remplies de provisions pour 5 jours que j'entame cette rando. Au menu : saucissons, pates, jambon cru (merci Tristan !), soupes, biscuits, pain, the, barres de cereales et toujours l'eau des rivieres. Et voila. 5 jours dans des decors inracontables, ou les couleurs vous petent aux yeux quand le soleil se leve. J'ai aussi eu droit a deux jours de mauvais temps, dont un ou il a plu toute la journee...(Je vais vite parce que la, j'en peux plus d'ecrire !)
En resume : Glaciers, icebergs, lacs d'altitudes, sommets, pics, grandes etendues d'herbes desertiques battues par les vents, cirques, forets...boues, froids et vent. Trois jours de beau temps, le reste en inverse...
Super experience.
Terre de Feu - Ushuaia - "Le bout du monde"
Bon, Vanessa ne va pas etre contente parce que la je vais aller tres vite. Tu n'auras qu'a reprendre cette partie dans ton prochain recit, cherie !
- Premier jour arrivee en fin de soiree sous le soleil couchant. Belle photogenie...(je ne sais pas si ca se dis...m'en fous la..)
- Deuxieme jour : croisiere sur le canal Beagle. Madame RELOUZAT avec ses gouts de luxe tenait absolumment a voir des pingouins sur....l'ile aux pingouins. Resultat, cinq heures de croisieres magique sur le canal qui relie les deux oceans. Ah oui, au fait, pour un fana de cartes comme moi, ca a ete un grand moment de traverser le detroit de Magellan.
- Troisieme jour : Petite rando dans le parc National de la Terre de Feu. Encore et toujours de magnifiques decors...On a eu du beau temps tout le temps. Juste avant qu'on arrive, il a plu et neige non stop pendant deux semaines. C'est pas de la chance ca !
Allez, j'en peux plus, en plus j'ai oublie de vous parler de Mendoza au debut....
Hasta pronto.
Richard
NB : Bonne anniversaire Papa !
Nb bis : Premier jet de photos, d´autres suivront... |